Une itinérance inédite entre Paris et Nice

Créée pour le musée national des arts asiatiques - Guimet et pensée pour deux lieux, l’oeuvre de Manish Pushkale a été exposée à Paris du 18 octobre 2023 au 4 mars 2024. 

L’artiste a fait évoluer la présentation de son installation monumentale en imaginant un parcours inédit au sein de la statuaire bouddhique exposée dans la rotonde du musée départemental des arts asiatiques à Nice.

Artiste autodidacte, Manish Pushkale (né en 1973) s’oriente vers la création artistique après des études en géologie et archéologie en intégrant le Bharat Bhavan, un centre artistique multidisciplinaire à Bhopal dans l’État du Madhya Pradesh.

C’est dans l’ambiance fertile et créative de ce creuset artistique et intellectuel indien qu’il affine son style et sa sensibilité. Ses toiles empreintes de sérénité et contemplatives explorent le flux et le reflux de la civilisation ainsi que sa spiritualité sous-jacente à travers des thèmes tels que la genèse, le progrès et le changement.

Résolument tourné vers l’abstraction, il a été influencé par de grands maîtres de la peinture indienne, comme Sayed Haider Raza (1922-2016). Il est d’ailleurs membre de la Raza Foundation à New Delhi, où il vit et travaille comme artiste indépendant.

Manish Pushkale expose en Inde et dans le monde entier, dans des expositions collectives ou personnelles.

Organique, irrégulier, malmené, réparé, troué, empâté de couches et portant des crevasses, de couleur noire et rouge issue du basalte et de l’ocre, le papier, que Manish Pushkale fabrique lui-même, est recouvert de pigments minéraux provenant de roches prélevées dans les différentes strates géologiques de l’archipel.

Un quadrillage, ponctué de traits, bulles et tâches crée la structure géographique imaginaire d’une civilisation lointaine et oubliée. Une succession de points noirs et blancs disposés régulièrement évoquent le langage binaire ou les notes de musique.

De grandes lignes fermées ou ouvertes sont le symbole des hésitations des populations natives des îles Andaman : faut-il s’ouvrir au monde ou se replier sur soi ?

Des oiseaux cachés, parsemés dans l’œuvre, font entendre leur chant, se substituant métaphoriquement à la voix de Boa Sr., absente. Sur la face extérieure, un nid composé de brindilles de papier protège deux oeufs, symboles d’un espoir de renaissance ou de réincarnation de la tribu Bo.