Du 19 mai au 15 décembre 2021

Caribaï - Dans un monde flottant

Dans un monde flottant

Exposition à venir

Caribaï : Une artiste multiple, inspirée par l'Extrême-Orient

Tout savoir sur l'artiste

Caribaï est une artiste peintre franco-vénézuélienne née à Tokyo en 1984. Durant sa prime enfance dans la capitale niponne, les jeux d’ombre et de lumière à travers les fenêtres en papier (shôji) de la maison traditionnelle où elle habite nourrissent son imaginaire en devenir. Elle obtient en 2008 le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique. Elle s’est également initiée durant quatre ans à la peinture et à la calligraphie chinoise auprès d’une Maître taïwanaise, et s’est imprégnée de l’esthétique traditionnelle du paysage extrême-oriental. Après ses études aux Beaux-Arts, elle étudie la gravure à Bruxelles où elle vit pendant neuf ans. Elle se rend régulièrement à Florence pour approfondir la technique de la fresque qu’elle affectionne particulièrement. 

Enrichie de toutes ces influences, Caribaï développe un travail très personnel. Si le papier, matériau extrême-oriental par excellence, est le support principal de son travail artistique, elle a développé une approche technique composite propre, mêlant collage, peinture et gravure. 

Ses oeuvres, exposées dans des galeries en France et en Belgique, ont été saluées par la critique. Certaines ont rejoint des collections privées au Japon, aux Etats-Unis, en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse et en Italie. Ses gravures sur bois, linogravures, lithographies, tempéras et polyptiques ont été publiés dans divers ouvrages (recueils de poésie, livres jeunesse, livres d’artistes, récits et monographie).

L’exposition c'est :

  • 1re exposition de Caribaï dans un musée
  • Le résultat d’un an et demi de travail de l’artiste
  • L’empreinte du vent : 43 panneaux installés sur 33 mètres
  • Un catalogue inédit édité pour l’exposition dans un format original
  • Le musée départemental des arts asiatiques continue de promouvoir et de soutenir la création contemporaine
  • Installations inédites créées pour le musée départemental des arts asiatiques
  • Monde flottant : une installation à plus de 5 mètres de haut

En savoir plus sur les œuvres exposées

LA SYMBIOSE DE L’OEUVRE ET DU LIEU

Caribaï a été invitée à présenter en 2021 son travail artistique dans l’écrin de marbre et de verre conçu par Kenzô Tange, au milieu d’une collection d’exception d’art asiatique. Inspirée par le lieu, elle articule dans cette création originale deux principes de la peinture de paysage chinoise qui lui sont chers : « Vent-Lumière » et « Montagne-Eau ». Des suspensions aux polyptyque, elle accompagne le visiteur dans son parcours muséal, du bas de l’escalier à l’espace de la rotonde bouddhique au premier étage, et le guide dans un cheminement avant tout intérieur.

Entre continuité et rupture, le parcours a été pensé comme une ascension-déambulation dans le musée qui, par la combinaison du cercle (symbole du ciel) et du carré (symbole de la terre), se donne comme une synthèse du monde. La volonté de Kenzô Tange d’installer son architecture sur un plan d’eau et d’intégrer l’environnement extérieur, au moyen de larges parois vitrées, en tant qu’élément essentiel de la visite, se retrouve dans la démarche de l’artiste. Par une véritable mise en abîme, l’exposition et son écrin muséal sont habités par un même esprit.

La notion de transition étant particulièrement prégnante dans sa démarche artistique, Caribaï a conçu des suspensions qu’elle intitule Monde Flottant, et qui évoquent les noren japonais, ces tissus suspendus à l’encadrement des portes pour marquer le passage d’un espace à un autre, tout en laissant passer l’air et la lumière. Disposées à cinq mètres de haut, elles épousent la forme de l’ouverture réalisée dans le large plafond pour l’escalier en spirale, et soulignent l’architecture du musée. Pour l’artiste, c’est une manière de permettre au visiteur d’arriver avec légèreté jusqu’au tableau disposé dans la rotonde, de se délester un moment des préoccupations et de se mettre en condition de contemplation.

L’empreinte du vent, le plus vaste ensemble réalisé par Caribaï à ce jour, déploie dans la rotonde ses 33 mètres d’envergure. Il est constitué de plusieurs Dépaysages qui se répondent et se suivent dans un jeu d’échos et de rythmes qui tient du musical. L’empreinte du vent se compose de 43 panneaux de 185 cm de hauteur par72 cm de largeur, alliant techniquement peinture à l’encre, collageet gravure sur bois. Chacune des quarante-trois surfaces reflète un élément constitutif du paysage, dans un cadrage resserré rendant la représentation abstraite. Seule l’installation de l’ensemble permet d’en faire la lecture complète, tout en procurant au visiteur la sensation qu’il pourrait être extensible à l’infini.

Le type de présentation choisi n’est pas sans rappeler les décors intérieurs japonais de palais et de châteaux, où panneaux coulissants(fusuma) et paravents (byôbu) décomposent sur leurs surfaces le motif paysager. La simplicité, apparente, et l’humilité qui se dégagent des Dépaysages de l’artiste, sont à rapprocher également de l’univers des lettrés. Caribaï engage son corps entier dans un processus de création qui est à la fois intérieur et extérieur, comme le ferait un peintre chinois qui mobilise les énergies (qi) parcourant son corps quand il crée une œuvre. Comme lui, elle ne peint pas sur le motif mais reconstruit des éléments ou des phénomènes naturels à partir de sensations et d’émotions.

Caribaï se distingue toutefois des artistes chinois qui peignent traditionnellement sur une feuille de papier montée en rouleaux verticaux et horizontaux. Son travail d’assemblage, de juxtaposition et de gravure ajoute à son œuvre une dimension plastique, faite d’accumulation de matière, de profondeur, de relief. L’empreinte du vent a été construite et pensée de droite à gauche comme un rouleau horizontal : le visiteur arrivant dans l’espace d’exposition fait face à la partie la plus à droite du tableau et balaie ensuite du regard la représentation. La peintre a cependant choisi un type de lecture très libre qui vise à absorber le spectateur dans le paysage représenté. Elle explique ainsi que « la dynamique convoquée est celle de la réminiscence plutôt que de la représentation réaliste, de la cohérence plutôt que de la logique, de l’indéterminé plutôt que du circonscrit, de la résonnance spirituelle plutôt que de la description formelle, de la contemplation plutôt que de l’observation, du multiple plutôt que de l’unité, d’un visiteur en mouvement plutôt qu’assigné au préalable à un point fixe. »

De l’intérieur vers l’extérieur, du Vide au Plein, de l’Orient à l’Occident, l’œuvre de Caribaï nous accompagne dans un va-et-vient constant entre les extrêmes. L’artiste a su s’approprier des codes et des concepts de la peinture extrême-orientale qu’elle a nourris de son cheminement et de sa sensibilité afin d’établir un vocabulaire qui lui est propre. L’exposition Dans un monde flottant donne l’opportunité d’extraire et d’exposer un fragment du formidable paysage qui habite son imaginaire.