Les Routes du thé

Par Tuul et Bruno Morandi
Nouvelle exposition du 13 octobre 2021 au 7 février 2022

Exposition à venir

« L’humanité, chose curieuse, s’est toujours retrouvée autour d’une tasse de thé »

écrivait au début du XXe siècle Okakura Kakuzô dans Le Livre du thé. Avec cinq cents millions de tasses savourées chaque jour dans le monde et près de quatre millions de tonnes produites par an, le thé est aujourd’hui la boisson la plus consommée après l’eau. Ambré, doré ou translucide ; au citron, à la menthe, au jasmin, noir, vert, ou blanc ; Darjeeling, matcha ou Oolong : à l’instar du vin, le thé se décline sous plusieurs couleurs, variétés, saveurs et terroirs. Dans de nombreux pays, il est au cœur des cultures traditionnelles. Auréolé de vertus, il s’invite dorénavant dans les domaines de la santé, des cosmétiques et du bien-être, et devient omniprésent dans la société contemporaine.

Tout commence par un voyage en Chine aux sources du thé, dans le Yunnan et le Sichuan, en quête de ses origines et des premiers jardins de thé. La légende nous raconte que le thé y serait né au IIIe millénaire avant notre ère alors que Shen Nong, un des trois Augustes, se reposant à l’abri d’un arbre, faisait bouillir de l’eau pour se désaltérer. Sous l’effet de la brise, quelques feuilles tombèrent dans l’eau lui donnant une couleur ambrée et un parfum délicat. L’arbre était un théier sauvage : le thé était né.

Au-delà de la légende, ce sont les différents pays producteurs et buveurs de thé qu’arpente le couple de photographes. Depuis la Chine, Tuul et Bruno Morandi se rendent au Japon, où le thé est devenu un art délicat qui exprime l’essence même de la philosophie zen. Se sont ensuite imposés des voyages en Inde et à Ceylan, là où il était devenu la grande affaire des Anglais et d’où il est résolument parti à la conquête du monde. Entre temps, leur périple les mène sur les hauts plateaux du Tibet et de la Mongolie où les moines bouddhistes ont adopté très tôt le thé en brique pour mieux le conserver, avant de poursuivre par les routes de la soie vers les maisons de thé des bazars d’Asie centrale.

L’exposition « Les routes du thé » est un extrait de leur voyage photographique qui les mènera également en Turquie ou encore en Afrique.

LES CUEILLEUSES DE NUWARA ELIYALES CUEILLEUSES DE NUWARA ELIYA
Au cœur du Sri Lanka, dans la région montagneuse de Nuwara Eliya, d’agiles silhouettes de couleur parsèment les flancs des pentes abruptes. Un panier dans le dos et les doigts souples, les cueilleuses sont les véritables fourmis travailleuses des jardins de thé perchés à plus de 1500 mètres d’altitude.
© Tuul et Bruno Morandi

Raconter le thé

LE MOINILLON ET LE THÉ À BODNATHLE MOINILLON ET LE THÉ À BODNATH
Dans les monastères, ce sont les jeunes moines qui sont chargés de servir le thé lors les cérémonies religieuses et des grandes prières. Ici, dans un monastère de la vallée de Katmandou au Népal, un moinillon contrôle le niveau du thé dans la théière avant de l’apporter dans la salle où se tient la cérémonie.
© Tuul et Bruno Morandi

« Le thé nous passionne. Nous sommes d’inconditionnels buveurs de thé. Plusieurs tasses des thés les plus variés rapportés de nos différents voyages rythment nos journées. Chacun d’entre eux est empreint de la philosophie, des coutumes ou de l’art de vivre d’un pays, d’une région, d’un bout du monde. En dégustant l’un de ces nectars, nous embarquons immanquablement pour des ailleurs lointains, leur parfum éveillant en nous le souvenir de nobles rencontres, d’instants suspendus ou de lumières chatoyantes glissant sur un paysage montagneux…

Quand nous avons commencé notre quête des routes du thé, nous pensions être des connaisseurs, modestes certes, mais avertis ; cependant plus nous avancions dans notre quête et plus nous mesurions notre ignorance. Une vie, diton, ne suffit pas pour faire l’expérience de tous les thés.

Voyageurs impénitents, nous avons décidé de partir sur ses traces, depuis sa source aux confins de la Chine et de la Birmanie, pour tenter de comprendre comment cette boisson aromatique s’était, avant de se mondialiser, progressivement répandue en Asie, notamment par le biais du bouddhisme et des routes de la soie. En dépit de sa considérable ancienneté, le thé n’est arrivé que très récemment en Europe qui ne l’a découvert qu’au XVIIe siècle, lorsque les commerçants hollandais l’ont entassé dans les cales de leurs navires amarrés dans les ports chinois du Fujian. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle, lorsque le téméraire botaniste écossais Robert Fortune (1812-1880) dérobera quelque 20 000 pieds de théiers et le secret de transformation si jalousement gardé par la Chine interdite, que sera mis un terme au monopole chinois. Bientôt, dans l’immense empire britannique des Indes, l’Himalaya se révélera être à son tour un parfait terroir pour la culture du thé, qui va dès lors acquérir ses lettres de noblesse en Angleterre avant de conquérir irrésistiblement le reste du monde. »

TUUL ET BRUNO MORANDI, PHOTOGRAPHES EN ASIE

Tuul et Bruno Morandi nomadisent à travers le monde depuis des années. L’une est née dans la steppe, l’autre au bord de la mer. Après avoir grandi en Mongolie et vécu une enfance nomade unique, Tuul arrive à Paris pour ses études. Alors qu’elle suit un Master en politique de la culture, elle se passionne pour l’art graphique et la photographie. Finaliste du Grand Prix du Photoreportage Étudiant Paris Match en 2005, Tuul entre alors dans le monde de la photographie. Architecte de formation, Bruno a passé tous les étés de son enfance en Toscane, la région natale de son père. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. C’est à 18 ans, lors d’un voyage dans l’Himalaya, qu’il commence à se passionner pour la photographie. Depuis leur rencontre, avec rigueur et passion, les deux photographes arpentent l’Asie à la recherche d’instants fugitifs qui capturent la grâce des gestes simples. La photographie est pour eux un prétexte à méditer sur la fragile beauté de cet environnement humain, naturel ou culturel.

Leur travail est régulièrement publié dans la presse nationale et internationale, exposé dans de nombreux festivals et galeries et fait l’objet de nombreux ouvrages.

LE CHAI WALLAH INDIENLE CHAI WALLAH INDIEN
Le chai est le thé, et le wallah est celui qui le fait. En Inde, les chai wallah sont omniprésents ! Des coins de rues animées aux ruelles malfamées, des places bondées aux quartiers de bureaux, des gares routières aux stations ferroviaires, les wallah sont toujours fiers de leur thé et ils affirment bien sûr que le leur est meilleur que celui du concurrent. La préparation du chai est un véritable spectacle, presqu’un art. Temps d’ébullition, dosage des ingrédients, tour de main… Un savoir-faire secret que chaque chai wallah préserve jalousement.
© Tuul et Bruno Morandi

AUTOUR DE L'EXPOSITION

DÉMONSTRATION DE LA CÉRÉMONIE DU THÉ DE L'ÉCOLE SEKISHU-RYU par le maître de thé japonais Kenji Nakane

Découvrez la cérémonie du thé à la façon des samouraïs telle qu’elle était perpétuée aux XVIIe et XVIIIe siècles sous le shogunat Tokugawa. Le Maître Kenji Nakane a obtenu le titre de maître du thé en 2011. Il enseigne actuellement au temple Daitoku-ji de Kyoto et participe régulièrement à des échanges culturels pour faire découvrir son art.

  • Samedi 16 octobre à 14 heures 30 et à 16 heures
  • Dimanche 17 octobre à 14 heures 30 et à 16 heures

Sur réservation : réservez votre visite

Tarifs : 

  • Adulte seul ou avec une personne de moins de 18 ans : 10 euros
  • Enfant de moins de 18 ans, étudiant, demandeur d’emploi, personne en situation de handicap + accompagnateur, bénéficiaire des minima sociaux,  senior : 5 euros

 

PAUSE THÉ LORS D’UN MARIAGEPAUSE THÉ LORS D’UN MARIAGE
L’Asie centrale, célèbre pour ses villes somptueuses et ses bazars débordants de richesses exotiques, fut traversée pendant des siècles par les caravanes venues de Chine transportant des produits rares et précieux comme la soie, les épices ou le thé. C’est ainsi que les populations ouzbèkes, à l’instar des Kirghiz, des Tadjiks ou des Afghans, découvrent la nouvelle boisson chinoise qu’ils adoptent sans tarder. Lors d’un mariage en Ouzbékistan, ces femmes se retrouvent autour du thé pour passer un moment de détente.
© Tuul et Bruno Morandi

Informations programmation et conditions d’accès :

Horaires :

  • Du 19 mai jusqu’au 30 juin : du mercredi au lundi, de 10 heures à 17 heures
  • Du 1er juillet au 31 août : du mercredi au lundi, de 10 heures à 18 heures 

Pour de meilleures conditions de visite, nous vous conseillons de privilégier les heures de moindre affluence : de 10 heures à 14 heures

Conditions d’accès sur présentation d’un pass sanitaire :

Suite aux directives gouvernementales et en application du décret n°2021-955 du 19 juillet 2021, tous les publics à partir de 12 ans devront présenter le pass sanitaire à l’entrée de l’établissement.

Le port du masque reste obligatoire.