Du 19 mai au 27 septembre 2021

Inside Japan, Photographies de Roberto Badin

Photographes en Asie

Avec Inside Japan, Roberto Badin brise les clichés habituellement admis au sujet des villes japonaises et nous invite au cœur d’un pays de contrastes. Au-delà de l’effervescence des mégalopoles saturées de lumière, l’artiste capture une vie ordinaire dans laquelle une solitude sereine transparaît au cœur d’une architecture contemporaine. Par sa maîtrise de la lumière et son cadrage structuré et graphique, d’une précision horlogère, Roberto Badin dévoile la beauté naturelle du quotidien et nous en raconte les histoires.

INSPIRATIONS JAPONAISES

« Quand j’étais enfant, au milieu des années 1970 au Brésil, la plupart de mes références visuelles étaient des dessins animés japonais et des séries télévisées. Le Japon était comme une planète distante. Je rêvais de m’y rendre comme on rêve de marcher sur Jupiter ou sur Mars. Ma relation avec le peuple japonais a toujours été très sensorielle. Un de mes premiers travaux en tant que photographe a été commandé par Kenzô Takada. Peut-être, sans le savoir, a-t-il été décisif pour le reste de ma carrière ».Attiré depuis toujours par le pays du Soleil-Levant, sa culture et son esthétique, Roberto Badin s’y rend pour la première fois en 2016.Les photographies qu’il rapporte de ce séjour séduisent d’emblée l’éditeur Benjamin Blanck. Le projet d’un livre est lancé. Souhaitanttoutefois compléter sa série, l’artiste retourne au Japon deux ans plus tard, déterminé à conserver la même innocence et la mêmecuriosité que lors de son premier séjour. De ces clichés naît son premier ouvrage Inside Japan, à l’origine de l’exposition. La littérature est aussi source d’inspiration pour Roberto Badin. Ainsi, deux références accompagnent l’artiste lors de ses deux voyages, enrichissant son imaginaire : Esthétiques du quotidien au Japon de Jean-Marie Bouissou et de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi, une bande dessinée qui traite de l’histoire de la société japonaise à travers le prisme de la gastronomie. Le regard cinémato graphique n’est pas non plus absent de l’œuvre du photographe, influencé parle travail de certains réalisateurs tels que Yasujirô Ozu, David Lynch, Quentin Tarantino ou encore Brian de Palma.

LA PHOTOGRAPHIE COMME MORCEAU DE RÉALITÉ

Roberto Badin dépeint son immersion dans un Japon entre tradition et modernité, marqué par les us et les codes sociaux. Si l’architecture et l’art contemporain ont constitué le fil rouge de ce projet, il questionne aussi le rapport de l’homme à son environnement. Apparaissent ainsi des silhouettes volontairement isolées. Permettant de situer la scène dans l’espace, elles donnent une échelle, enrichissent la narration et rendent le vide encore plus saisissant. Il s’agit pour l’artiste de retranscrire son ressenti, la distance physique que s’imposent les Japonais, une solitude sous-jacente malgré la foule présente dans certains lieux. Mais cette solitude est sereine, silencieuse, tranquille. Fasciné par la banalité du quotidien, Roberto Badin recense des moments de vie. L’image est un morceau de réalité et à chaque image correspond une histoire. Même si son travail paraît structuré, marqué par un cadrage frontal et graphique, il reste naturel et spontané. L’artiste n’utilise ni trépied, ni lumière artificielle. Les personnages ne posent pas pour le photographe, les images sont prises sur le vif. Les lieux sont parfois repérés en amont du voyage, mais plus souvent le fait du hasard, en flânant au gré des rues. L’artiste en capte alors 

Tout savoir sur l'artiste

ROBERTO BADIN - Biographie

Né à Rio de Janeiro, Roberto Badin s’installe en France à la fin des années 1980. Photographe de mode dès le début de sa carrière, il collabore avec des magazines internationaux et signe de prestigieuses campagnes dans l’univers du luxe et de la mode. À partir de 1998, il se consacre à la nature morte.

Grâce à la technique de la photographie en studio, il développe un regard unique sur l’espace, qu’il sublime par le cadrage. Son travail est à la fois épuré, sophistiqué et riche en émotions.

Parmi ses différentes réalisations, il a participé au projet Lady Dior As Seen By en 2012, qui s’est déroulé dans plusieurs capitales internationales. En 2017, il expose au Selfridges, une chaîne de grands magasins, à Londres. Inside Japan est son premier livre publié par Benjamin Blanck. L’exposition présentée au musée départemental des arts asiatiques à Nice en propose un extrait.

En savoir plus sur les œuvres exposées

- Image en taille réelle, .JPG 275Ko (fenêtre modale)MER INTÉRIEURE DE SETO - TESHIMA 2018© Roberto Badin

« Je ne pouvais pas partir sans avoir une image de la mer. J’ai trouvé dans cette entrée d’un restaurant à Teshima, un certain équilibre entre l’environnement et l’espace dédié à mon cadrage. Une sorte d’opposition entre la simplicité du lieu et l’envie d’évasion provoquée par le regard qui traverse le décor. Les lignes et les couleurs font partie intégrante de l’inspiration. »

- Image en taille réelle, .JPG 174Ko (fenêtre modale)VISITEURS NOCTURNES À LA BENESSE HOUSE - NAOSHIMA 2018© Roberto Badin

« C’est le genre d’image idéale. Tout était là. J’ai dû shooter très vite en choisissant intuitivement un cadrage qui puisse correspondre à la narration. Un énorme vide avec les personnages au centre. Une seule prise était permise. Les deux touristes se sont déplacées juste après. »

- Image en taille réelle, .JPG 328Ko (fenêtre modale)FEMME AU PARAPLUIE - TOKYO 2018© Roberto Badin

« Lorsqu’une scène évolue, mon regard évolue avec elle spontanément, par l’interaction entre intention et découverte. Pour moi, c’est un pays calme, silencieux et solitaire, loin du cliché habituel de la foule à Shibuya. Ma fascination pour ce pays tient aux codes qui régissent les relations entre les Japonais. On ressent une distance entre les gens. C’est ce que j’ai cherché à transmettre. »

- Image en taille réelle, .JPG 337Ko (fenêtre modale)DEUX YAKUZAS - OSAKA 2018© Roberto Badin

« Ma curiosité m’amène souvent dans le hall des grands hôtels. Il y a toujours une atmosphère particulière, propre à chaque pays. Ici, il est question de mystère et de tension, où les deux hommes, à l’écart des autres, semblent se fondre dans l’immensité du décor. J’aime l’idée qu’ils pourraient faire partie d’une scène de film. »

- Image en taille réelle, .JPG 190Ko (fenêtre modale)ELLE N’EST PAS SEULE - KANAZAWA 2016© Roberto Badin

« La jeune fille est comme en lévitation à l’intérieur de la photo. Je crois qu’inconsciemment j’ai plutôt eu envie de la placer dans un autre espace-temps. Elle regarde vers l’extérieur de l’image, ce qui a intuitivement provoqué mon cadrage car je ne la place pas au centre mais légèrement excentrée. Comme si elle voulait regarder ce qui se passe hors du cadre. Comme un adolescent qui veut s’échapper de son environnement. »

Informations programmation et conditions d’accès :

Horaires :

  • Du 19 mai jusqu’au 30 juin : du mercredi au lundi, de 10 heures à 17 heures
  • Du 1er juillet au 31 août : du mercredi au lundi, de 10 heures à 18 heures 

Pour de meilleures conditions de visite, nous vous conseillons de privilégier les heures de moindre affluence : de 10 heures à 14 heures

Conditions :

Port du masque obligatoire, respect des gestes barrière, nombre de personnes limité dans le musée selon les paliers de jauge ainsi que pour les activités (visites guidées et ateliers sur réservation), mise à disposition de gel hydroalcoolique.

Conditions d’accès sur présentation d’un pass sanitaire :

A compter du mercredi 21 juillet 2021, suite aux directives gouvernementales et en application du décret n°2021-955 du 19 juillet 2021, tous les publics à partir de 18 ans devront présenter le pass sanitaire à l’entrée de l’établissement accompagné d’un justificatif d’identité.

Le port du masque reste obligatoire.