Exposition prolongée

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Offrandes funéraires en papier de Taiwan

Image en taille réelle, .JPG 128Ko (fenêtre modale)

Prolongation : Date provisoire de fin le 15 juin

L'équipe du Musée des Arts Asiatiques met tout en œuvre pour vous accueillir en toute sérénité : port du masque obligatoire, mise à disposition de gel hydroalcoolique, organisation de la file d'attente, respect des règles de distanciation, mise en place d'un parcours de circulation, limitation du nombre de visiteurs, nettoyage renforcé.

Qui n’a jamais rêvé de retrouver les plaisirs terrestres après la mort ?

Telle est la fonction des objets funéraires en papier de Taiwan, brûlés pour assurer le confort des défunts dans l’au-delà. À la suite d’un décès, les familles achètent des substituts d’objets réels en papier, montés sur une structure de bambou, qu’ils envoient au disparu en les brûlant, accompagnés de monnaies funéraires - billets et pièces de papier en usage dans le monde des morts. De la maison miniature aux copies d’articles de luxe, ces créations hyperréalistes ne négligent aucun détail. Rien n’est laissé au hasard : programmes du lave-linge, smartphone équipé d’applications spéciales « paradis » et berline avec chauffeur.

Détruits par les flammes, les objets funéraires de papier n’ont pas laissé de traces matérielles mais des textes chinois les mentionnent dès le VIIIe siècle. Leur fonction rappelle celle des simulacres en terre cuite (mingqi) déposés de manière généralisée dans les tombes à partir de la dynastie des Han (206 avant notre ère à 220 de notre ère) pour recréer l’environnement familier du défunt.

Conçue en partenariat avec le Centre Culturel de Taiwan à Paris, l’exposition présente un ensemble de créations des ateliers Hsin Hsin et Skea réalisées exceptionnellement pour le musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Pour aller plus loin dans l'exposition...

Ne vous fiez pas aux apparences.

Ces répliques de papiers s’inspirent des vanités de la société de consommation pour les faire partir en fumée. Le luxe exprime des valeurs profondes comme la famille et la mémoire des ancêtres...

 

Cliquez ici pour en savoir plus sur l'exposition...

- Image en taille réelle, .JPG 4,82Mo (fenêtre modale)Maison
Atelier Hsin Hsin
Taipei (Taiwan)
Papier, structure en bois, LED
140 x 85 x 65 cm (environ)
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Kaohsiung Museum of Fine Arts
- Image en taille réelle, .JPG 2,42Mo (fenêtre modale)Restaurant en papier
Atelier Skea
Taipei (Taiwan)
45 x 67 x 41 cm
Papier, structure en bois
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Skea

MAISON DE RÊVE

Les ateliers de papiers taiwanais accordent un soin particulier à la réalisation de la maison, qui doit être l’offrande la plus spectaculaire. Celle-ci peut être de style moderne ou, plus classique, en forme de temple avec ses colonnes et agrémentée d’un décor de fleurs et dragons. À l’intérieur, une effigie en papier du défunt porte un titre de propriété immobilier, ainsi quel’inventaire des biens et de la somme d’argent envoyés par sa famille, ceci pour éviter que les offrandes ne soient dérobées par des fantômes affamés.


CONFORT INTÉRIEUR

La maison est brûlée avec autant de pièces meublées et d’équipements que possible. Ces offrandes créent un intérieur confortable et fonctionnel :salon avec « home cinéma », produits de toilette, réfrigérateur, bouilloire et thermos pour le thé, etc.Le divertissement n’est pas oublié non plus avec les jeux de société ou encore le matériel de karaoké. Ces répliques de papier peuvent être de facture très modeste ou industrielle mais les familles peuvent aussi faire appel à des ateliers spécialisés pour commander des ensembles luxueux,adaptés à la personnalité du défunt.

BUFFET À VOLONTÉ

Les vivants offrent aux morts des biens, de l’argent et de la nourriture afin qu’ils deviennent des ancêtres protecteurs. Lors du rituel funéraire,le défunt peut être nourri par des répliques de mets en papier à brûler.Les autels aux ancêtres disposés dans les maisons doivent aussi recevoir régulièrement de la nourriture. À l’inverse, les esprits des morts courent le risque de se changer en fantômes affamés s’ils souffrent de la faim et de la négligence de leurs descendants.

Jet en papier
Atelier Skea
Taipei (Taiwan)
32 x 100 x 75 cm (environ)
Papier
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Skea

- Image en taille réelle, .JPG 2,06Mo (fenêtre modale)Berline en papier
Atelier Skea
Taipei (Taiwan)
7 x 25 x 12 cm - Papier
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Skea
- Image en taille réelle, .JPG 1,93Mo (fenêtre modale)Smartphone en papier
Atelier Skea
Taipei (Taiwan)
16 x 8 x 0,8 cm
Papier
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Skea
- Image en taille réelle, .JPG 1,97Mo (fenêtre modale)Chaussures en papier
Atelier Skea
Taipei (Taiwan)
16 x 7 x 20 cm chaque
Papier
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Skea

SHOPPING PARADIS ET OFFRANDES HIGH-TECH

Le monde des morts a toujours été à l’image du nôtre, il suit les modes et les nouvelles technologies. Dès le IIIe siècle avant notre ère, les objets de terre cuite enfouis dans les tombes (mingqi) reflétaient les cultures matérielles de leurs contemporains. Aujourd’hui, les répliques d’articles de grande marque peuvent être de simples copies bon marché ou des reproductions hyperréalistes, presqu’aussi coûteuses que leurs modèles. Sacs à main, bijoux, et tenues de soirée… Les ateliers d’objets funéraires en papier offrent un large choix inspiré des marques les plus prestigieuses.Les offrandes doivent aussi être à la pointe du progrès : casque sans fil,appareil photo reflex numérique et ordinateur portable. Certains ateliers proposent tablettes et smartphones de papier équipés d’applications virtuelles censées fonctionner dans le monde des morts.

V.I.P.

Jet privé, yacht et gardes du corps, rien n’est trop beau pour honorer un défunt et lui assurer le meilleur statut social dans l’au-delà. Les véhicules et les monnaies funéraires ont toujours eu une signification particulière.Traditionnellement, un cheval ou un palanquin de papier, avec des figurines de serviteurs, étaient brûlés après le dernier souffle d’une personne. Aujourd’hui, la voiture de luxe avec chauffeur joue le même rôle et conduit l’âme au paradis avec prestige.

DAI-SHI-YE ET LE GARDIEN LIBÉRATEUR DES FANTÔMES AFFAMÉS

Un défunt qui ne reçoit pas de rituel funéraire et de culte des ancêtres peut devenir un revenant affamé. Ces entités dangereuses se manifestent souvent pendant les rêves et entraînent calamités et maladies. Chaque année, lors de la fête des fantômes affamés, de la nourriture et des objets de papier à brûler leur sont offerts pour les apaiser. Dai-Shi-Ye est une forme particulière de Guanyin, un être éveillé(bodhisattva) resté dans le monde par compassion. Avec ses cornes, ses crocs et les flammes qui sortent parfois de sa bouche, il effraie les fantômes affamés pour les maîtriser. Trop puissante pour être conservée, la sculpture de papier de Dai-Shi-Ye est brûlée à la fin de la fête des fantômes affamés. Elle accompagne ainsi les âmes errantes vers les enfers et les paradis.

Dai-Shi-Ye
Atelier Hsin Hsin
Taipei (Taiwan)
Papier, bois
150 x 170 x 35 cm
OEuvre commandée à l’occasion de l’exposition
© Kaohsiung Museum of Fine Arts

L’exposition a été produite par le musée du quai Branly – Jacques Chirac en partenariat avec le Centre culturel de Taiwan à Paris, avec la participation du musée des beaux-arts de Kaohsiung, Taiwan.  

Avec le soutien de la Fondation Martine Aublet