Exposition prolongée

Dongba

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Des pictogrammes naxi à l’art contemporain

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Prolongation : Date provisoire de fin le 15 juin

L'équipe du Musée des Arts Asiatiques met tout en œuvre pour vous accueillir en toute sérénité : port du masque obligatoire, mise à disposition de gel hydroalcoolique, organisation de la file d'attente, respect des règles de distanciation, mise en place d'un parcours de circulation, limitation du nombre de visiteurs, nettoyage renforcé.

Les Naxi sont une minorité ethnique vivant dans le sud-ouest de la Chine, à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et de la région autonome du Tibet. Une société originale s’est développée dans ce carrefour d’échanges culturels, commerciaux et religieux depuis des siècles.

L’exposition présente l’environnement religieux des Naxi à travers les manuscrits, les peintures, les costumes et les instruments utilisés encore aujourd’hui par les maîtres Dongba lors des cérémonies rituelles. L’événement est aussi l’occasion de montrer la place de cette tradition dans la création contemporaine avec une sélection d’œuvres réalisées par des artistes naxi de premier plan.

Des pictogrammes à l’art contemporain en passant par la mythologie et les costumes, cette exposition à la fois ethnologique et artistique est une véritable invitation au voyage et nous emmène au pied de l’Himalaya, où les Naxi continuent de faire vivre leurs traditions. 

Commissariat de l'exposition : Astrid Narguet (commissaire d’exposition), Adrien Bossard (conservateur du patrimoine, administrateur du musée départemental des arts asiatiques de Nice).

Partenaires de l'exposition : Galleria Otto, Lijiang Teachers College, Institut Confucius Côte d’Azur.

Pour aller plus loin dans l'exposition...

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Pour lancer sa programmation d’expositions 2020, le musée départemental des arts asiatiques de Nice propose à son public une exposition inédite, la première consacrée à l’identité naxi et à la culture dongba en Europe.

Les Naxi sont une minorité ethnique vivant dans le sud-ouest de la Chine, à la jonction des provinces du Yunnan, du Sichuan et de la région autonome du Tibet. Une société originale s’est développée dans ce carrefour d’échanges culturels, commerciaux et religieux depuis des siècles.

Les prêtres-chamanes Dongba (« Ceux qui savent ») sont les premiers dépositaires des savoirs traditionnels et sacrés des Naxi. Se transmettant de maître à apprenti les savoirs et coutumes, les Dongba ont retranscrit les danses et chants rituels accompagnant plus de 130 cérémonies ainsi que leurs mythes et légendes au moyen de pictogrammes.Désormais, la transmission de la culture dongba aux jeunes générations ne s’opère plus de manière traditionnelle mais au sein d’écoles d’apprentissage et par la réintroduction de cérémonies dans certains villages. Les manuscrits dongba, principal support de ce qui constituerait la dernière écriture pictographique au monde, ont été inscrits par l’UNESCO en 2003 au registre « Mémoire du monde ».

L’exposition présente l’environnement religieux des Naxi à travers les manuscrits, les peintures, les costumes et les instruments utilisés encore aujourd’hui par les maîtres Dongba lors des cérémonies rituelles. L’événement est aussi l’occasion de montrer la place de cette tradition dans la création contemporaine avec une sélection d’oeuvres réalisées par des artistes naxi de premier plan.

Des pictogrammes à l’art contemporain en passant par la mythologie et les costumes,cette exposition à la fois ethnologique et artistique est une véritable invitation au voyage et nous emmène au pied de l’Himalaya, où les Naxi continuent de faire vivre leurs traditions.

L'écriture pictographique

La langue naxi appartient à la famille des langues tibéto-birmanes. Elle est constituée de différents dialectes, et retranscrite au moyen de l’écriture Dongbawen, quicombine deux systèmes distincts : les pictogrammes dongba et le syllabaire geba.

Les quelque 1500 pictogrammes (représentations graphiques schématiques à signification unique) et caractères phonétiques sont employés dans les manuscrits dongba. Il s’agit moins d’une écriture à proprement parler que d’un code employé pour noter les éléments clés des rites et des mythes afin de garantir le bon déroulement des cérémonies.

Le syllabaire geba, mal connu, est un système d’écriture phonétique de plusieurs centaines de caractères. Il sert à annoter les textes pictographiques et à transcrire des formules incantatoires dont le sens a été perdu.

Il y aurait environ 25 000 manuscrits disséminés dans le monde entier. L’Institut de recherche sur la culture dongba de Lijiang fondé en 1981 se consacre à la traduction en chinois des textes sacrés et à leur numérisation en collaboration avec les Dongba afin d’en préserver la mémoire.

 

Les pictogrammes : Des manuscrits à l'art contemporain

Les manuscrits ou « classiques » dongba rassemblent des récits mythologiques, des descriptions de danses sacrées, des textes divinatoires, de médecine ou d'astrologie.

Les artistes de l’École moderne dongba sont pour la plupart des érudits qui ont une connaissance profonde de l’écriture pictographique dont ils empruntent l’iconographie pour la traduire dans un langage contemporain.

En 1992, des peintres représentatifs tels Mu Jixin, Zhao Youheng, Zhang Yunling, Zhang Chunhe, Wang Rongchang, ont fondé à Lijiang l’Association d’étude de la peinture et de la calligraphie moderne dongba. Cette association a l’ambition de construire un projet pour l’identité naxi et la culture dongba à travers la création contemporaine.

L'art contemporain

Les années 1980 et 1990 ont été marquées par le développement économique de la Chine et la transition vers la modernité. Depuis la fin des années 1990, Lijiang,capitale des Naxi, est devenue une destination privilégiée pour le tourisme national et international. Dans ce contexte de modernisation fulgurante, on assiste à une recrudescence de l’intérêt des chercheurs du monde entier, d’institutions culturelles chinoises et étrangères et d’artistes pour la culture dongba.

L’art contemporain dongba joue un rôle fondamental de transmission dans la société moderne naxi et reflète la prise de conscience des artistes concernant un patrimoine toujours menacé d’extinction. L’École d’art moderne dongba réunit des peintres,des sculpteurs et des calligraphes qui puisent dans le répertoire iconographique traditionnel (pictogrammes, panthéon, représentations des ancêtres) et s’inspirent des croyances de la culture dongba, selon laquelle tout élément de la nature est doté d’un esprit et de sentiments pouvant communiquer avec les êtres humains.

 

He Bichang
N°2 Prendre place
2019, acrylique sur toile
Prêt de l’artiste
© Lijiang Teachers College

XU Xiaohong
L’oiseau mythique, Da Peng
2019, encre et couleurs sur papier - Prêt de l’artiste
© Lijiang Teachers College

La culture Dongba

L’identité naxi s’enracine dans la culture dongba. Celle-ci regroupe l’ensemble des croyances, savoirs, rituels, arts et coutumes qui structurent la société traditionnelle dont les maîtres Dongba sont à la fois les dépositaires et les vecteurs héréditaires. La religion polythéiste dongba mêle à des croyances primitives une forte influence de la religion bön tibétaine ainsi que du bouddhisme et du taoïsme chinois.

Les cérémonies rituelles et rites secondaires ne se déroulent pas dans des temples mais en pleine nature et autour d’autels domestiques. Il s’agit d’invoquer les dieux, les esprits protecteurs (du ciel, de la terre, des ancêtres) et les forces naturelles, de célébrer les relations entre l’homme et son environnement. Le maître Dongba, intermédiaire entre le monde surnaturel et les hommes, apaise ou exorcise les esprits, dieux et démons.

Les objets rituels

Outre les manuscrits, les Naxi recourent à différents objets lors de leurs cérémonies. Les rites étant liés à la relation directe avec l’environnement naturel, il est nécessaire de disposer d’instruments liturgiques de petite taille pour faciliter leur transport et leur éventuelle exposition sur les autels domestiques ou extérieurs. Des végétaux, plumes d’oiseaux, coquillages peuvent également être utilisés.

Les tablettes votives en bois peintes et les statuettes de bois représentent les dieux, les spectres, les animaux et autres figures, tous décrits dans les « classiques ». Les cartes divinatoires peintes et écrites permettent de déterminer les occasions propices ou néfastes. Les rouleaux sacrés peints représentent les principales divinités. Aisément transportables, ils sont déroulés et accrochés avant les cérémonies. Des instruments de musique accompagnent les danses et les chants à l’occasion des funérailles et des sacrifices rituels.